Le cadre analytique à l’ère du virtuel - 12 mars 2021

Table ronde organisée par l’IVSO

Elsa Godart réfléchit depuis fort longtemps aux particularités du monde moderne plongé dans la virtualité numérique. Cette fois-ci, elle a souhaité mettre en lumière le dispositif psychanalytique modifié par l’inclusion des téléconsultations, en invitant à la discussion des psychologues, psychiatres psychanalystes, tous confrontés aux mutations digitales de leur pratique. Nous avons ainsi eu le plaisir d’échanger autour de cette problématique dans le cadre du séminaire organisé par l’Institut du Virtuel Seine Ouest (IVSO) http://1vs0.org/?page_id=27

Nous avons abordé bien évidemment la question du regard en visio-séance, en interrogeant la pertinence de sa présence dans un cadre analytique classique, dans lequel l’individu ne voit pas l’analyste. Ne pas voir, fermer les yeux, comme lorsqu’on dort, ne serait-il pas propice à la centration de l’attention sur notre for intérieur, sur nos rêves ? Peut-on encore fantasmer ou imaginer avec les yeux grands ouverts ? Est-ce que (sur)investir le regard, comme cela est le cas dans les Visio consultations, n’empêcherait pas la survenue de la pensée symbolique, ne nous piègerait pas dans une sorte de « trou du regard » (Antonio Quinet), sans possibilité de se représenter les objets que nous ne voyons pas ? Et qu’en est-il du « regard biaisé », celui qui est déformé par l’intermédiaire des caméras ? En effet, nous ne pouvons plus nous regarder dans les yeux. Nous n’avons alors qu’une vison « oblique » de celui qui nous parle. Dans ce sens, l’écran entrave l’appréhension totale d’une autre personne puisque nous ne pouvons la saisir que d’une manière partielle (la pulsion partielle).

Puis, la notion de la présence dans la numérique a été relevée. Est-elle vraie ou fausse ? Ou peut-être « graduée » ? Quoi faire de nos corps, ces lieux d’émergences de nos rêves. Est-ce que la téléconsultation ferme nos corps ? Comment y trouver l’ouverture à la rêverie. In fine, nous pouvons nous nous demander si le numérique est un lieu comme un autre. La téléconsultation possède toute son importance, surtout si l’individu, après une période de téléconsultations, souhaite revenir au cabinet. Comment préparer et comprendre ce retour ?

Pour ma part, j’ai proposé d’appréhender les téléconsultations comme un espace de rencontre à mi-chemin entre soi et l’Autre, dont les patients au fonctionnement dit « télescopique » pourraient se saisir. La métaphore du télescope semble correspondre particulièrement aux consultations à distance, sur lesquelles certains individus transfèrent leur monde interne constitué, de sorte à avoir besoin d’être à la fois loin et proche de quelqu’un, comme lorsque nous parlons au téléphone.

Notre échange c’est déroulé davantage sous le signe des interrogations, mais il faut avouer que les visioconsultations constituent un événement bien nouveau dans l’histoire de la prise en charge psychanalytique. A nous de réfléchir à leur place dans les méandres du fonctionnement psychique de l’être humain. 

 

 

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